Ycone : le symbole de la macronisation de Lyon

Alors que l’aménagement du quartier Confluence aurait pu être un exemple de mixité sociale, dans un centre-ville qui manque historiquement de logements sociaux, les choix opérés par la majorité macroniste de Lyon sont en train de porter atteinte à l’équilibre du sud de la presqu’île.
Et la droite lyonnaise, du maire du 2e arrondissement au maire de Lyon, s’en est réjouie cette semaine lors de sa visite de chantier de la future tour Ycone (Le Progrès, 15/04/2017).
Confluence, un hochet marketing
Le quartier Confluence est en train de devenir un hochet marketing architectural, qui ne cesse de favoriser les plus-values immobilières des promoteurs et investisseurs, avec des architectes « stars », ceci au détriment des familles modestes qui vivent à proximité et qui vont subir l’envolée des prix des loyers. Le quartier des Voûtes de Perrache, encore populaire, connaît une gentrification accélérée.
Un quartier auquel je suis moi-même très attaché et dans lequel j’ai grandi, du collège Jean Monnet à la patinoire Charlemagne, où le vivre-ensemble était jusqu’à présent palpable et la mixité sociale une véritable réussite, mais dont la macronisation vient rompre l’équilibre et le lien social.
Le syndrome de la skyline lyonnaise
La tour Ycone est une maladie collombiste : le syndrome de la skyline lyonnaise importé jusqu’en presqu’île afin de « rayonner à l’international ». A cette heure, les groupes Vinci et Cardinal proposent ainsi des appartements de luxe à 7600 €/m2 quand la priorité devrait être de favoriser la mixité sociale avec des logements décents pour les nombreuses familles qui peinent à se loger. Résultat ? Seule la moitié des logements sont vendus à des Lyonnais. Le promoteur avoue que les ventes sont réalisées auprès d’investisseurs parisiens, franco-genevois ou étrangers. Le modèle macroniste des métropoles « rayonnantes » institutionnalise en réalité un dangereux apartheid territorial.
La puissance publique plie devant Cardinal et Vinci
Quant aux 27 logements dits « sociaux », qui servent de caution éthique à l’opération, ce sont uniquement des logements « PLS », soit le haut de gamme des HLM, inaccessibles aux personnes qui rencontrent de réelles difficultés sociales. Les acteurs publics se sont ainsi pliés aux exigences des grands groupes, incapables de négocier une programmation sociale ambitieuse, en contrepartie des résidences de luxe.
Donnons-nous l’Avenir en commun !
Banlieues, première et deuxième couronnes, villes moyennes et villages ruraux : tous n’en peuvent plus de ces métropoles excluantes, défendues aveuglément comme un « modèle » par les soldats du macronisme, de Thierry Braillard à Thomas Rudigoz.
Nous défendons, avec le bulletin de vote « Jean-Luc Mélenchon » et le programme de la France Insoumise, une politique du logement généreuse et inclusive, qui réponde aux besoins de la majorité des Français : la régulation des loyers dans les grandes villes (comme c’est déjà le cas à Paris), la construction de 200 000 logements publics par an aux normes écologiques, un plan d’éradication du logement insalubre, une taxe progressive sur les hautes transactions immobilières et la régulation des activités de type « airbnb » dans les quartiers touristiques.

Elliott AUBIN

Candidat aux législatives
dans la 1ère circonscription du Rhône

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